Pourquoi la corde ?
Pourquoi la corde ? La Bretagne était ton domaine virtuose du dessin, j’aimais te rendre visite, tes planches à dessins, tes personnages, ton imagination, les cabanes dans la forêt, les ballades. Ton spleen t’a emporté, tu as choisi de gigoter tristement accroché à un arbre. Quand je l’ai su, je me suis retrouvé devant ta mère, je l’imaginais dans sa peine, j’entendais ses cris et je voyais ces larmes. Pourquoi mettre un terme à tant de talent ? Jean-Luc, quand je pense au suicide, c’est ton visage qui apparaît. Avec tous ceux que je connais et qui t’ont rejoint de cette manière, tu es celui qui me fait le plus de peine, je t’en veux ! Si la Bretagne n’avait pas été qu’une destination de vacances, aurais-tu pensé à moi ? Serais-tu venu me voir ? On se serait mis la tête à l’envers pour nous soigner des échos de ce monde. A mes amis, à ma famille, si d’aventure la vie ou la folie venaient à vous mettre devant cette solution, pensez à moi, à la peine qui me frappera, appelez-moi qu’on se mette la tête à l’envers, histoire de respirer un air moins lourd… Hé gamins, il y a des jours comme ça, où l’épuisement de l’âme fait oublier le printemps et l’été. N’oublie pas que tu es précieux, que nulle part ailleurs tu n’existes. Personne ne t’aime ? C’est faux, moi je t’aime et sans condition parce que tu es demain ! Si tu te ravises, tu verras ce que l’âge me privera de voir. Un été, une caresse, un bon repas, une crise de rire, le monde qui changera, le monde qui comprendra ! Rien ne te rendra heureux en vingt quatre heures, il se construit, il est gourmand en temps le bonheur. Pour commencer donne-moi ta boulette ! Le shit, c’est pour apprendre à mourir, c’est pour accepter la merde qui t’entoure et te rapprocher de tes médiocrités, ça te détache du matériel, c’est le courant d’air qui ouvre la porte à tes démons. Peut-être seras-tu plus fort, mais ton psychisme est fragile, tu te construis avec les briques que tu choisis ! La course folle qui te dépasse a besoin de toute ton attention. Ceux qui s’arrangent des faibles et de leur part méritent que tu leur résistes ! Ce monde est dur, un tendre de moins n’arrangera pas la sauce, l’humanité, c’est toi et il n’y a pas de pire symbole du malaise de notre temps que le nombre croissant des gens qui jettent l’éponge. Trop dur ? Trop difficile ? Je pense surtout que l’on ne sait pas prendre soin de soi. Surveille ton sommeil et ton alimentation, fais en des petits rituels de vie, ajoute des amis superficiels ou réels sans étouffer la même personne. Préviens ceux qui t’aiment, demande leur des témoignages d’amour, quelqu’un qui appelle le matin pour te faire un bisou de temps en temps. Accepte les cycles de ta vie, dis-toi que ton hiver ne peut pas durer, surtout à ton âge ! Le problème c’est tes parents ? Le monde t’appelle et leur joug (méchanceté) ne durera que dix-huit ans, tu te délecteras le jour ou tu les mettras à l’hospice ! Le problème c’est l’argent ? Il vient par le travail, tu ne tarderas pas à être exploitable, sois prêt pour monter en marche ! Du coté des lectures, Baudelaire pour l’année prochaine… lis des choses légères, pas du cancre à moins que ça ne réveille ton orgueil et ta colère. Modère la, il ne faudrait pas passer de lymphatique (endormis) à colérique, et je ne voudrais pas être un trouble à l’ordre publique. Tout ça pour te dire que l’on s’habitue aux choses, au point de ne pas savoir ce que l’on possède, tu possèdes la vie ! Et crois-moi, entre Dieu et le néant, c’est miraculeux ! J’oubliais, l’amour, il est parti ? Oui, on peut cesser de vivre par le chagrin, on peut perdre l’esprit, c’est comme une fièvre pendant laquelle on doit veiller sur toi, mais la vie ne te quitte pas, elle reste en toi, elle est toi, ne renonce pas ! Des gens qui crevait dans leur trou je peut t’en présenter des tonnes, ils ont laissé passer ce moment, sans l’écouter, en lui fermant leur porte. Aujourd’hui ils sont rires et joies à commencer par moi !